La sophrologie et la phénoménologie existentielle de husserl(1859-1938)

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La sophrologie et la phénoménologie existentielle de husserl(1859-1938)
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Le philosophe Husserl est le fondateur de la phénoménologie, il est le 1er à décrire le concept d'intentionnalité et le processus de réduction..
La Sophrologie est une phénoménologie existentielle(Pr.Caycédo),elle n'est pas une simple technique de relaxation,même si c'est l'outil de départ d'une pratique sophrologique. Elle n'est pas davantage du yoga ou une psychothérapie ni une psychanalyse.Les sophrologues sont des phénoménologues existentiels.C'est très difficile pour un sophrologue d'expliquer cela avec des mots simples à ceux qui viennent le consulter 

Qu'est ce que l'intentionnalité?
Cela signifie que "la conscience est conscience de quelque chose". Descartes affirme"je pense donc je suis"mais la première chose qui émane d'une conscience c'est ce que l'on pense et non "je suis!"et c'est ce qui fait la différence entre la phénoménologie et la pensée classique. Une conscience pour exister doit se saisir de quelque chose. La "conscience phénoménologique"permet d'aller à l'essence des choses elle s'oppose à la "conscience naturelle" subjective,interprétative.
La conscience se transcende vers un objet,elle se dépasse elle-même, elle vise un objet dans son essence, sa vérité, son authenticité.C'est une des capacités de la conscience humaine d'avoir cette capacité de transcendance.Elle s'oppose à la pensée cartésienne qui comporte trois grands principes:
             le doute méthodique
Devant toute chose non démontrée on va douter
            la négation systématique
C'est une critique méthodique,systématique.On émet des hypothèses que l'on vérifie jusqu'à la découverte de l'évidence.
            la force de l'évidence
C'est l'empirisme scientifique qui pose une première loi par exemple un théorème.Le cartésianisme admet la force de l'évidence.
Husserl s'oppose à Descartes par le fait que si la critique méthodique est valable pour les sciences,elle devient un jugement en ce qui concerne la conscience.Pour Husserl, Descartes a formulé un a prori avec le cogito!(je pense)
Pour Husserl le cogito n'est pas la pensée,mais le cogitatum;c'est à dire"ce que l'on pense"Nous sommes en plein dans la notion husserlienne d'intentionnalité.Ce qui est important
c'est la chose qui émerge dans la conscience.Pour exister une conscience se saisit de quelque chose.
Qu'est ce que la réduction?
La réduction permet de purifier l'accessoire,si important pour la conscience naturelle,d'accéder à l'essence des choses.Comment se constituent les choses dans la conscience,comment se constitue le sens de ce qui apparaît à la conscience.Non pas le sens convenu de nos représentations mentales habituelles acquises,mais le sens pur,authentique,dégagé des présupposés.La première étape est la réduction philosophique par le retour à la chose même et la suspension du jugement.La deuxième étape est la réduction phénoménologique, elle concerne plutôt la mise entre parenthèses.
Ces 3 pas conduisent à expérimenter un nouveau regard ,on va ouvrir les yeux sur le monde,sur les objets,sur les êtres comme si c'était la première fois.On retrouve le regard de l'enfant mais avec la conscience de l'adulte qui se transcende.
Le retour à la chose même signifie qu'il faut se concentrer sur la chose telle qu'elle apparait dans la conscience en se gardant d'interpréter,ainsi on ne forge pas d'hypothèses;on est dans le senso-perceptif,on sent cette chose,on la vit,on vit ce qui va émerger de notre être à propos de cette chose.Cela demande de la volonté pour se concentrer,une résolution d'aller à la chose même.C'est la rencontre avec l'intentionnalité
Le retour à la chose même et la suspension du jugement sont deux éléments qui s'imbriquent.Ce qui apparait fait partie de notre être.
En sophrologie,nous donnons toujours une intention à nos entraînements,à nos séances,un but.
L'objectif de la séance c'est l'intention.Nous avons une énergie intentionnelle qui est à l'intérieur de la vivance et qui est ce qui "émerge dans la conscience".
La suspension du jugement est un effort du mental pour se libérer de ses a priori et de ses représentations mentales.Cela ne veut pas dire qu'on adhère mais qu'on est capable d'écouter l'autre pour rentrer dans son monde propre pour ensuite l'aider
Le sophrologue est dans la tolérance,dans l'écoute de l'autre,dans l'accueil bienveillant.
La mise entre parenthèses va permettre d'accéder à l'essence des objets du monde,à la substantifique moelle des objets,elle s'oppose à l'attitude contemporaine qui veut tout expliquer,tout rationaliser, en quête de concepts,de références et de conclusions.
Là au contraire on laisse apparaître les multiples facettes du phénomène et on laisse venir tous les possibles.Quelque chose se produit immédiatement dans le rapport sujet-objet(noèse-noème) mais cela va demander du temps,beaucoup de temps si l'on veut arriver à une évolution,une modification de notre être profond;si l'on veut accéder à l'essence des objets du monde.Cette longueur de temps va permettre de constituer notre région phronique(ensemble d'espaces de conscience). La méthodologie sophrologique favorise ce travail de parenthèse car elle augmente nos capacités de concentration,de méditation,de perception et donc facilite
 remarquablement ce travail.
Chaque région phénoménologique qui se construit dans la conscience est un nouveau territoire de conscience qui va amener une description phénoménologique et va enrichir la conscience.
Quand on fait un travail en sophrologie on crée un nouvel espace de conscience qui enrichit la région phronique.Cette région est favorisée par les techniques et elle est d'autant plus puissante que la phénodescription(écriture des phénomènes ressentis après chaque séance)permet de mémoriser nos séances,de les renforcer et de les graver dans notre région phronique. En effet la conscience n'est pas une région anatomique précise du cerveau;elle est partout;chaque cellule a une conscience,la conscience est diffuse. Husserl a parlé d'un espace de conscience!
Notre région phronique est un nouvel espace de conscience qui émane de notre entraînement.
Quand vous projetez votre conscience sur un objet,cet objet va vous renvoyer quelque chose qui n'est pas étranger à vous même mais qui permet de créer un nouvel espace de rencontre,une parenthèse.
Cette rencontre phénoménologique par la Sophrologie est très profondément renforcée par la vivance,la phénodescription,la sophro-analyse vivantielle caycédienne et toute la méthodologie
permettant de dévoiler peu à peu les contenus ontologiques(science de l'être)de notre conscience
Extrait de l'article du Dr P.A Chéné paru dans la revue officielle de la Fondation Alfonso Caycédo-3ème trim.2011

     

Par Frederique pezres - cabinet de sophrologie - paris et colombes , le 11/12/2011.

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